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retraites


18
novembre
2007
.: Retraites : annoncées, donc incontestables ?

L’argument qu’on entend régulièrement depuis le début du mouvement social est que, puisque Nicolas Sarkozy avait largement annoncé cette réforme des régimes spéciaux pendant la présidentielle, et qu’il a été élu à 53%, alors toute contestation serait illégitime, car niant l’exercice démocratique de la présidentielle.

Il y a presque 30 ans (un monde, pour certains, me diront-ils …), François Mitterrand avait mis dans les 110 propositions de sa campagne la création “[d’]un grand service public, unifié et laïque de l’éducation nationale”.

En 1983, le gouvernement de Pierre Mauroy échouera dans la mise en place de cette réforme, face à l’opposition ferme de la droite, et de la rue.

Ceux qui manifestaient en 1983 contre une promesse clairement annoncée par le vainqueur de l’élection présidentielle, sont les mêmes qui, aujourd’hui, critiquent les syndicats de ne pas respecter une promesse de campagne de Sarkozy.

Aujourd’hui, ils veulent envoyer les CRS contre les manifestants et les grévistes. En 1983, face aux socialistes qui réclamaient cette mesure contre eux, ils criaient au stalinisme.

Ouais, ils ont vieilli. Et ça leur va pas.


17
novembre
2007
.: Retraites : ’dresser les Français les uns contre les autres’

L’Elysée change de stratégie […] : "La semaine prochaine, on fera de la politique et de l’idéologie", a déclaré jeudi 15 novembre le président de la République devant l’état-major de l’UMP, à Paris.

Ce changement de pied devrait se traduire par une prise à témoin plus marquée encore de l’opinion, après une semaine où M. Sarkozy a voulu jouer la carte du " dialogue " en saisissant la main tendue par la CGT. Cette concession a été de trop pour une partie de la base UMP, qui rêve de voir les syndicats battus à plates coutures. "Tout ce que nous avons fait jusqu’à présent nous permettra éventuellement davantage de fermeté plus tard , a lancé le chef de l’Etat. […]

"On compte sur la population pour faire pression sur les grévistes", explique un conseiller. Un autre ajoute : "Il faut jouer sur l’exacerbation du conflit, ou du moins la constater."[…]

Néanmoins, cette stratégie traduit une forme d’impuissance du chef de l’Etat. Constatant que ni la fermeté ni la souplesse ne sont venues à bout du conflit, il fait le pari du "peuple" et de l’exaspération. Il donne aussi raison à tous ceux qui le soupçonnent de vouloir "dresser les Français les uns contre les autres" ou de souhaiter le durcissement de la grève pour "mettre les syndicats à genoux".


16
novembre
2007
.: Retraites : problème de méthode, ou volonté délibérée ?

Hier soir, le message qui passait en boucle dans toutes les rédactions était : "négociations tripartites ouvertes, pour un mois".

Ce matin, nouveau message : "négociations blabla à condition que la grève cesse".

Une exigence de dernière limite, de quoi légitimer a posteriori la position de "la base" qui refuse les négociations (aucune garantie donnée) et maintient la grève.

Encore une fois, j’ai un doute sur la réelle volonté de Sarkozy de sortir de la crise pas le haut.
Ou alors, c’est un autre pas de travers, à la suite des précédents, archétypes de symboles placés au mauvais timing :

- 23 août : vote de la loi sur le bouclier fiscal
- à peine un mois plus tard, déclaration de Fillon en Corse : "l’état est en faillite " : (21/9/07)
- 18 octobre : première grève sur les régimes spéciaux
- 26 octobre : Sarkozy rencontre les cheminots et propose de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux entrants
- 28 octobre : l’Elysée signale que finalement, ca s’appliquera à tout le monde
- 31 octobre : réforme du financement de l’Elysée, le salaire de Sarkozy augmente sur le papier de 172 à 220% selon les sources
- Hier donc, la CGT fait une proposition de négociations tripartites, acceptée par l’Elysée sans évocation de conditions préalables
- Et ce matin, à la radio, Bertrand met une condition préalable à l’ouverture des négociations : cesser la grève.

Une série de zig-zag, qui témoignent soit d’une grande maladresse - plutôt incompréhensible vu le bonhomme - ; soit d’une véritable volonté de faire monter le conflit à son paroxysme pour en tirer le plus grand avantage politique passible … quelqu’en soit le coût ?


27
octobre
2007
.: Sarko lit-il le blog Machin ? …

Ou bien ai-je des réflexions de (particulièrement) bon sens, hmmm ? :D

En tout cas, il est tombé sur un syndicaliste particulièrement peu impressionné par lui, en allant voir des cheminots hier soir. J’ai vu ça rapidement à la télé, dans le JT de France 2, et en ai été surpris.

Ce qui me surprend encore plus ce matin, c’est de lire dans le JDD :

“Les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s’appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà rentrés à la SNCF”

Et il rajoute un peu plus tard :

"On pourrait avoir un système pour les futurs entrants à la SNCF et un système pour ceux qui sont à l’intérieur de la SNCF. Ce sont des choses dont on peut discuter", a-t-il explicité. Et quand un syndicaliste lui faisait remarquer que cela consistait à introduire "un double statut", le chef de l’Etat en convenait : "Qu’est-ce que ça peut faire?"

Nouveautés, nouveautés … à tel point que les syndicats semblent ne pas savoir si c’est du lard ou du cochon, puisque cela reviendrait à résoudre le conflit en supprimant les points d’achoppement.

Bah oui, fais l’ouverture avec moi, Président, j’ai au moins 10 jours d’avance sur toi !.

Maintenant, reste juste à voir s’il s’est planté et est allé plus loin que sa pensée face à un mec qui l’a pas laissé parler, ou si enfin on commence à résoudre les problèmes sans prendre les gens pour des cons.


18
octobre
2007
.: Retraites : moi y’en a pas comprendre

Demain, c’est le grand jour pour beaucoup de monde, ceux qui feront grève, et ceux qui en pâtiront.
Moi, pendant ce temps, y’a deux / trois trucs que je ne comprends pas.

Demandez à n’importe quel spécialiste de la conduite du changement, le minimum vital pour qu’une réforme soit comprise et acceptée, c’est qu’elle soit juste.

Et là, il faut bien dire que pour l’instant ça coince … au plus haut sommet. Pour l’instant, les députés, qui seront bien chargés de voter cette loi in fine, ceux là, les Morano et consorts que le gouvernement envoie au front médiatique, les députés sont exclus de cette réforme des régimes spéciaux … normal, puisqu’ils s’en sont dégoté un il n’y a pas si longtemps.

Et ça fait à tel point mla aux entournures que même les députés du nouveau centre, qui n’en sont plus à ça-près de compromission et de retournements de veste, commencent à dire que c’est peut être un peu éxagéré.

Comment peut-on espérer qu’un salarié, même un conducteur de TGV, privilégié parmi les privilégiés (2600€), trouve normal de faire des efforts quand les députés eux-mêmes (5177€ hors conditions particulières) refusent de se l’appliquer à eux-même ?

Moi je comprends pas.

Et puis y’a autre chose qui me chiffonne.

J’essaye d’imaginer qu’il y a quelques années, je serais rentré dans une de ces entreprises concernées par les régimes spéciaux. Je serais devenu cheminot, gazier, charbonnier, … avec un salaire pas forcément mirobolant, mais une garantie de l’emploi (pas mal), et la certitude que je n’aurais que 30 ans, ou un peu plus, à travailler. Ce n’aurait pas été dans mon contrat de travail, certes, mais encore plus fort, inscrit dans un contrat social vieux de plusieurs décennies.

Et voilà que quelques années plus tard, on m’annonce que tout va changer, qu’on casse unilatéralement ce contrat social. Certes pour une raison indispensable, inévitable, tout le monde est d’accord sur ce point.

Mais là question que, là, je me pose, est la suivante : modifier le statut, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas le faire seulement pour les futurs arrivants dans ce métier ?

Certes, cela couterait plus cher, mais me montrerait qu’on ne cherche pas à m’en**ber ; et je ne vois pas en quoi ça serait impossible, vu que cela a été fait, et plutôt bien fait, avec France Telecom il y a quelques années. Mais la paix sociale à un coût, de même que la grève, et la justice. Et il faut savoir dépenser pour investir.

Parce que si les contrats des employés existants étaient préservés, si les modifications ne s’appliquaient qu’aux futurs contrats, et si tout les efforts étaient justement répartis entre les dirigeants et les salariés, alors les syndicats ne pourraient plus mobiliser sur l’injustice, car elle n’existerait plus.

Ca, je ne le comprends pas non plus.


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