Du grand Marco, comme je l’aime, tellement que j’ai envie de lui faire un gros bec dans sa barbe qui pique :
Voilà, J’avoue : Je suis un assassin. Je suis un salaud. Un pourri, une ordure. Un sous-résidu de l’humanité. Je ne suis même pas humain. Ne dites pas non, je le sais. C’est prouvé. Je l’ai compris en lisant ce chef d’œuvre. C’est un fait établi. N’insistez pas.
Les quelques 4000 morts sur nos routes, c’est ma faute. Les blessés, les traumatisés, les mutilés, c’est aussi ma faute. Les gens qui roulent bourrés ou drogués par leurs médicaments ou leurs paradis artificiels, c’est toujours ma faute. Les gros connards et les pétasses qui téléphonent en conduisant, c’est forcément ma faute. Ils veulent se venger. Faut les comprendre.
Je vous le dis. Je suis un assassin. Je suis un salaud. Un pourri, une ordure. Un sous-résidu de l’humanité. Je ne suis même pas humain.
Allez hop, ça se lit, que dis-je, ça se savoure, ça se déguste, et on en redemande.
On pourrait croire que cela s’adresse à des illuminés, mais sur place (j’ai compté environ 150 personnes, avec les va et vient on devait être davantage), on rencontre Monsieur et Madame Tout-le-Monde : des personnes âgées et aussi des jeunes, certains à l’allure décontractée, d’autres plus traditionnelle, des cheveux courts, longs, tressés, blancs, gris, bruns, des écharpes roses, oranges, des bottes fourrées, des spartiates, des escarpins à talon haut...
A 18h30, les franciscains nous ont demandé de faire un cercle, au centre ils ont déposé une loupiote et dit la prière de Saint-François, que j’ai trouvée très sobre (mais qui a agacé Alain : "J’ai quand même envie de leur dire que je suis contre le fait de réciter une prière!").
Et ensuite, pendant une heure, nous sommes restés là, immobiles, debout dans ce cercle. Je ne priais pas parce que je ne crois pas en Dieu, je regardais plutôt mes semblables, je me demandais ce qui les avait amenés là, je me sentais reliée à eux par le fait de partager cet espace commun.
Ensuite, au fil des minutes qui installaient un temps différent, je me suis mise à penser à ces étrangers sans papiers, à leur condition de prisonniers dans le centre de rétention de Cornebarrieu, à la difficulté de la vie qui les attendait dans un pays qu’ils avaient quitté pour de bonnes raisons et où on allait les ramener de force.
Samantdi : avec les frères franciscains place du capitole
L’expérience est intéressante, et novatrice dans son fonctionnement, on en parle même au Canada.
Se retrouver pendant une heure, chrétiens ou non, en silence, pour certains en prière, pour d’autres non, autour d’une certaine idée de l’homme et sa place dans le monde.
C’est d’Embruns, que vient la news, que j’ai suffisamment critiqué pour son fondamentalisme anti-religieux pour lui reconnaître aujourd’hui cette intelligence de signaler cette initiative.
Il en existe une video, forcément silencieuse, et le compte-rendu du RESF
En la regardant, j’ai immédiatement eu en tête l’image de l’action non-violente pronée par Ghandi, et imaginé l’impuissance des politiques si ce genre de manifestation devait se généraliser.
le cercle par sa forme, par l’immobilité qu’il demande, conduit à penser. Il dit « réfléchissons » à la première personne du pluriel, et non pas « réfléchissez », à la deuxième personne. Il oblige à prendre conscience que nous sommes tous, absolument tous, impliqués dans ce qui se passe. […]
Il est aussi très provocateur, car l’agitation, elle, nous est coutumière. Je conseille aux personnes qui s’intéressent à ce sujet de lire l’excellent article de Philippe Clanché dans le dernier numéro de Témoignage chrétien à propos des cds, je cite : « N’est-ce pas là une des plus belles réponses face au sarkozysme ambiant ? Face à un homme qui ne peut cesser de s’exprimer, de se déplacer partout et de changer d’idée dès que le vent tourne ? »
certains luttent pour la régularisation de tous les sans papiers et la liberté de circulation et d’installation ; d’autres ne contestent pas les renvois à la frontière ni la « maîtrise » des flux migratoires[…] ; certains ont des engagements déjà anciens, d’autres découvrent la situation des migrants… tous ne sont pas de gauche, certains s’effraient même qu’on parle de « politique », et c’est cela qui est particulièrement fort et intéressant dans le phénomène des cercles de silence.
C’est la preuve qu’à travers les traitements infligés aux migrants, c’est la société toute entière qui commence à se sentir atteinte, voire menacée.
Diffusé par les Pères Blancs : Qu’est-ce qu’un cercle de silence ?
Le cercle de silence Paris se tient tous les troisièmes vendredi du mois devant le Conseil d’ Etat.
(P’taing, qui aurait pu croire un jour que je m’associe, de près ou de loin, à un organisme comme RESF ?
)
(Et accessoirement, un bookmark de la Prière de saint François, que j’ai toujours beaucoup aimé.
Un des textes fondateurs de ce qui je suis aujourd’hui, avec celui, tout aussi connu, du Pasteur Niemöller )
Trois semaines, trois conférences, trois sujets, mais le même thème de fond qui, d’une manière ou d’une autre, vient faire le lien.
Début juin, c’était les assises de l’afcdp, dont j’ai déjà un peu parlé. Dans les sujets, particulièrement riches, de débat l’après midi figurait en bonne place l’expérience d’Axa sur les CV anonymes. Au delà de l’expérience proprement dite, ce qui m’a particulièrement interpellé est le discours de la responsable RH venue la présenter.
Pas une seule fois elle n’a évoqué les raisons profondes pour lesquelles Axa s’est préoccupée de la question, indiquant simplement qu’il s’agissait de répondre à la critique publique sur le manque de diversité dans son recrutement.
Pas une seule fois elle n’a indiqué que l’entreprise a un besoin vital de diversité, parce que la diversité est source de richesse culturelle, et économique. C’est bien une nécessité primaire pour l’entreprise, bien au delà de la question de sa responsabilité sociale, qui doit lui éviter de travailler avec des pseudo-clones, une consanguinité à terme destructrice.
D’aucuns m’ont dit, à l’issue du débat : "ils n’ont fait ça que pour leur image de marque". Ayant pas mal suivi Claude Bébéar, instigateur du CV anonyme, un des instigateurs et premiers signataires de la Charte de la diversité, j’en doute. Mais c’est hors sujet ![]()
La semaine dernière, Fabrice me faisait (merci encore !) participer à une conférence (plutôt très) huppée sur le thème : "Alcool, chocolat, fromage, automobile, … l’économie du plaisir a-t-elle encore un avenir ?".
Passons rapidement sur le but de ce type de conférence, qui est autant un moyen de se faire connaître pour les intervenants (une marque d’auto de haut de gamme, dont la distribution est confidentielle en France ; un chocolatier et un fromager de luxe ; le président d’une fédération professionnelle de brasseurs) qu’un moyen pour les participants de parfaire leur réseau professionnel ;
Non, ce qui était réellement intéressant dans cette conférence est que l’intégralité des participants n’a abordé la question que sous le seul angle de la contrainte légale (sur un ton plutôt plaintif d’ailleurs), sans aborder un seul moment l’aspect social. Ces dirigeants d’entreprises représentaient pourtant à eux-seuls quatre des plus grandes phobies de notre société actuelle : l’accidentologie routière, l’obésité et la malnutrition, la sécurité alimentaire et l’alcoolisme social.
A aucun moment n’a été évoqué, au delà des facteurs économiques, une (nécessaire ?) action de ces entreprises vers la société, au nom d’une quelconque responsabilité plus ou moins directe. Non, silence sur ce plan, il ne s’est agit que de loi, parts de marché, opportunité économique, coût de la vie. Dommage.
Et ce week-end donc, une formation interne à l’investissement socialement responsable, ou comment une entreprise peut placer sa trésorerie dans des outils de financement qui correspondent à son éthique ?
Découverte d’un secteur d’activité en plein développement sur la notation éthique des entreprises, principalement autour des employés, fournisseurs & clients, éthique des affaires et environnement.
Quelques surprises à la clé, avec des entreprises comme Danone, Unilever, Carrefour ou même Wendel Investissement qui sont dans le peloton de tête des entreprises socialement responsables.
Et au final une unanimité à reconnaître que s’il paraît facile, de prime abord, de définir collectivement nos critères d’investissement socialement responsable, c’est en fait un exercice particulièrement délicat, un travail qui s’étalera nécessairement sur le long terme pour le rendre complet et l’affiner ;
Rien que pour cette formation et la réflexion informelle qui s’en est suivi, cette première était plus qu’un succès, une vraie gratification, d’enfin rentrer dans le vif du sujet : comment les entreprises peuvent-elles participer au changement - positif - de notre société ?
Certes, nous sommes loin de la puissance des fonds d’investissement. Mais les petites rivières font les grands fleuves …
Hier, l’AFCDP tenait ses assises, avec en tête d’affiche une intervention d’Alex Türk. Je ne pouvais / voulais pas manquer ça, me doutant bien qu’il ne manquerait pas d’intervenir, comme chaque fois qu’il le peut, sur les sujets d’actualité de la CNIL. Ou, le cas échéant, qu’on ne manquerait pas de l’interroger sur le sujet ![]()
Il était là, vieux loup de mer comme à son habitude, gouailleur, beau parleur, endossant les habits d’un chevalier blanc que personne ne lui aurait prêté il y a quelques années, à nous expliquer comme il se battait sur tous les fronts pour l’indépendance de son organisme, ou nous parler du besoin d’inscrire un droit individuel à la protection des données personnelles dans le préambule de la constitution. Bref, du grand Türk.
L’auto-promotion, quand elle est plutôt justifiée, ça peut être sympa, mais au bout d’un moment, il n’y en avait que pour lui, grand défenseur de la protection des données devant l’éternel … c’est bon coco, tu nous cours un peu. Enfin, moi, surtout.
Alors forcément, j’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir ma grande gueule
. J’ai préparé mon coup, c’était plutôt facile avec ce qui avait été dit auparavant.
Les entreprises qui étaient intervenues dans les premières tables rondes avaient, pour la première fois, fondé leur réflexion non plus sur la loi ou l’obligation mais sur l’éthique et la déontologie. Certes, elles sont minoritaires à le faire, mais c’est un état d’esprit qui marque un changement important. Et, globalement, sur le secteur des affaires, la CNIL est plutôt efficace et en pointe, ayant notamment été aidée par une récente décision du Conseil d’Etat.
Par contre, s’il est un autre domaine où la CNIL rencontre plus de difficultés, et c’est peu dire, c’est la gestion des données personnelles gérées par l’Etat. Et l’actualité récente a appuyé là où ça faisait mal :
ARDOISE : la CNIL est passée inaperçue, ce sont les associations qui ont obtenu les modifications ;
Passeport biométrique : l’avis de la CNIL non seulement n’a pas été suivi, mais n’a été publié qu’après les décrets concernés ;
Loi Hadopi : c’est encore en cours, mais il est probable que la CNIL ne soit pas suivie la non plus
Alors faut-il considérer que la CNIL est condamnée à être un super régulateur / contrôleur dans le domaine privé, mais que l’Etat échapperait à son contrôle, et que le public "étatique" deviendrait une zone de non-droit en matière de conservation des données personnelles ?
Je vais faire court pour sa réponse, après tout, il pourra intervenir en commentaire s’il le veut
Globalement :
Oui, la CNIL n’est pas là pour dire à l’Etat ce qu’il doit faire, juste lui donner un avis consultatif (ben tiens …), et encore, pas sur tout ;
Non, la révision - à la baisse - des pouvoirs de la CNIL face à l’Etat
[1]
ne lui est pas imputable, même s’il en assume la responsabilité (ben tiens bis …)
Oui, la CNIL n’est pas assez puissante (tu m’étonnes), et notamment pas encore entendue par les citoyens.
Donc il n’a pas répondu à la question, tout en disant plein de choses intéressantes … et donc, oui, implicitement, tant que la CNIL n’aura pas plus de voix, le public sera une zone de non-droit ...
Avec un peu de chance, ça sera repris sur 01net, sinon, je me serai juste fait plaisir, devant des cadres dirigeants de grosses entreprises ou organismes, quand même ![]()
Pendant ce temps, les anglais réfléchissent à réunir dans un fichier des fichiers toutes les bases de données personnelles pour mieux fliquer leur citoyens, les français connaissent peu - ou mal - leurs droits en matière de gestion des données personnelles … ça relativise !
C’est depuis 2001 - l’élection de Delanöe à la Mairie de Paris - que se repose véritablement la question du stationnement … à la fois à cause de la nouvelle équipe, mais aussi des préfets successifs nommés notamment pour mettre des bâtons dans les roues de l’équipe municipale.
On ne l’a pas assez dit, mais la FFMC a quand même réussi deux choses qu’on pensait encore il y a peu impensable :
amener la Mairie à signer la charte et le guide des bonnes pratiques, co-défini avec la FFMC
mais surtout, amener le préfet de Paris à négocier sur la question du stationnement, et finalement officiellement admettre qu’il ne fallait pas verbaliser les deux-roues stationnant sur les trottoirs de manière non gênante.
L’objectif, maintenant : faire en sorte que, réellement, le stationnement non gênant pour les piétons sur les trottoirs ne soient pas verbalisé. Et visiblement, il y a du boulot encore à faire, d’où la manif de cet après midi.
Le pti Fab a vachement bien parlé, à St Michel où il a été super didactique, clair, compréhensible pour les piétons qui ont écouté en masse ; mais aussi très motivant, rythmé, avec une bonne interaction avec les motards.
Mais aussi, ensuite, devant le Commissariat du XIVe arrondissement, particulièrement mauvais élève, pour remettre au commissaire un exemplaire des instructions du préfet en format A2, et une paire de lunettes pour bien les lire. Un bon moment ![]()
Les photos, à l’endroit habituel.
Comme m’a dit - par personne interposée - une chef d’édition du Parisien, les photos sont plutôt bonnes, mais les plans sont trop serrées, elles ne racontent pas l’histoire.
Néanmoins, j’ai de bons espoirs d’être repris dans le Parisien de lundi, et peut être même MotoJournal jeudi prochain … si vous pouvez guetter, ça serait cool ![]()
Edit 26 mai : pas dans le parisien … la célébrité pour une autre fois ![]()
| à lire avant |
| Reflexions, part one |
| Réflexions (part two) |
En fait, la partie Réflexions (part 3) est déjà loin derrière, elle s’est concrétisée samedi, à l’arrivée, quand j’ai remis ma lettre de candidature [2] au Président du Conseil d’Administration.
J’imagine que ça n’a pas été une véritable surprise pour lui, il connaissait mon intérêt, je lui avais déjà posé des questions, il y a longtemps.
Je m’attendais à ce que ma présentation donne lieu à un véritable tir de barrage, à ce que ça soit vraiment difficile. A part une belle peau de banane - c’est marrant comme elles viennent toujours de personnes qu’on imagine même pas - ça n’a pas été si terrible que ça. C’est sûr, je m’étais plutôt bien préparé, mais j’ai presque trouvé ça … indolore, presque plaisant :p
On m’a dit que j’avais été pas trop mauvais (seulement "pas trop mauvais" ??? une histoire de chevilles, sûrement
), et c’est vrai que les autres candidats ne donnaient pas l’impression d’avoir eu une réflexion politique sur leur candidature. C’était bien parti, même si jusqu’au bout, il y avait une possibilité que je ne sois pas élu. Je m’y suis accroché, jusqu’au moment où, vers 3h du matin, le président a annoncé les résultats.
Je suis descendu vers l’estrade en regardant mes pieds, mais je souriais. Un mélange de fierté et de bonheur, d’y être arrivé. Une fois à la tribune, j’ai retrouvé une vague sensation connue, mais l’ambiance était différente de la première fois.
Les perles de ce week-end, quand même :
“je vais voter pour toi, enfin un mec de gauche au CA” (parce que j’avais cité le débat "Economie sociale vs. Capitalisme")
“Je te félicite Machin … tu as été très bien élu, comme moi la dernière fois” par un spécialiste du déni de démocratie
“J’espère que ma réponse te convient, mais si c’est pas le cas, j’espère que tu vas pas m’emmerder jusqu’à ce que je t’en donne une qui te fasse plaisir” (ça c’est de moi
mais je la reprends vu comme elle a fait école
)
“Je suis contente que tu sois au CA, tu fais partie des gens qui vont statuer sur mon cas” (arrrgh …)
Pour le reste … Un autre chapitre de mon histoire qui s’ouvre, on va voir ce qu’il contient.
De retour, finalement, après 5 jours sans ordinateurs, tous tournés autour de la moto : balades (mmmhhhh !!) et réunions.
Presque 100 mails et 500 posts à lire et traiter.
Plein de choses à raconter.
Et besoin de dormiiiiiiir !!
plongé dans “Coopératives et mutuelles : un gouvernement d’entreprise original, Rapport présidé par Etienne Pflimlin, janvier 2006”
via le Centre des Jeunes Dirigeants de l’Economie Sociale
On trouve des choses ’achement bien au CJDES !
précédemment : j’ai besoin d’aller au delà et m’investir dans un cadre d’action plus large. Je n’ai pas tant besoin d’être en première ligne qu’avoir la possibilité d’intervenir, mettre mon grain de sel dans un débat qui touche notre société, de manière moins restrictive que mon engagement précédent.
Logiquement, à partir du moment où je ne souhaitais pas renouveler mon engagement associatif, l’option la plus naturelle qui s’est imposée à moi est d’intégrer un parti politique, puisque c’est quand même l’outil privilégié pour changer notre société.
Inutile de dire que la période électorale a été riche, en observation et en réflexions.
S’investir dans un parti politique implique deux choses : une adhésion sur le fond, les valeurs portées, et sur la forme, la méthode proposée.
Certains partis affichent des valeurs qui me sont proches, des valeurs de liberté, de solidarité, d’humanisme, de responsabilité individuelle. Mais paradoxalement, les méthodes qu’ils proposent sont la contradiction même des valeurs qu’ils affichent. L’exemple le plus évident est celle de parti de la gauche extrême, qui revendiquent - et prônent - liberté individuelle, égalité et solidarité, tout en promouvant la révolution, qui est par essence contre les trois principes précités.
Non, même en politique, surtout en politique, la fin ne doit pas justifier les moyens.
Forcément, cette question de la méthode élimine de fait un grand nombre de partis ou officines que de toute façon je ne serais pas allé voir : je n’aime pas les extrêmes, et ce n’est pas par les extrêmes qu’on fait évoluer les choses de manière durable.
Si on parle investissement politique, j’élimine évidemment tout de suite les partis qui ne portent pas les valeurs auxquelles je crois, ou bien ceux qui en sont -encore- à redéfinir leurs valeurs, objectifs ou méthodes (non, non, je ne cite personne
). Une fois que j’ai dit tout ça, il ne reste évidemment plus grand monde sur la place.
Ceux qui suivent (les courageux !) ce blog le savent : il y a bien une tendance dont le verbe m’a séduit, les valeurs et la philosophie qu’elle portait, la personnalité un peu moins. Mais il me restait des points bloquants :
je ne veux pas tout recommencer à zéro, repartir sur plusieurs années qui seraient consacrées à percer mon trou, à arriver à une position qui me permette effectivement de changer les choses. Je ne veux pas, je ne peux pas attendre dix ans supplémentaires, je veux pouvoir agir, maintenant.
j’ai réussi à être libre, à être moi même, au fil de ces 18 dernières années. J’ai mis du temps à y arriver, je me suis pris des claques, j’ai fait souffrir des gens, aussi. Ce dont je suis sûr, aujourd’hui, c’est que je n’ai pas fait tout ça pour revenir à des compromissions, des manigances, des petits arrangements, bref, tout ce qu’on retrouve aujourd’hui dans le quotidien des partis politiques.
Exit donc la politique. Trop de compromissions nécessaires, trop de temps, trop d’exposition aussi. La solution est plus proche de moi, c’est sûr.
(la suite)
Je ne pensais pas citer un jour Aimé Césaire, dont j’ai découvert l’existence il y a quelques années seulement, certainement à l’occasion d’un voyage un peu (trop) médiatisé d’un de nos hommes politiques en Martinique.
Anyway … Il était cité ce soir dans le grand journal de Canal, mais d’après cet article d’AgoraVox, la citation serait en fait de Frantz Fanon. Elle n’en es pas moins juste (je grasse) :
« De prime abord, il peut sembler étonnant que l’attitude de l’antisémite s’apparente à celui du négrophobe. C’est mon professeur de français, d’origine antillaise, qui me le rappelait un jour : "Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous." Et je pensais qu’il avait raison universellement, entendez pas là que j’étais responsable, dans mon corps et dans mon âme, du sort réservé à mon frère. Depuis lors j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe. »
Combien de temps encore faudra-t-il répéter que racisme, antisémitisme, homophobie, sexisme, … relèvent tous de la même problématique : celle de la peur de l’autre ?
Et qu’on ne résorbe pas la peur par la loi, mais par la connaissance, et donc l’éducation ?
[1] pour faire court : depuis 2004, la CNIL n’a même pas son mot à dire dès lors que les traitements que veut réaliser l’Etat concernent la Sûreté de l’Etat - plus de détails sur vie-privée.org
[2] Celle là même, oui Mme Marge, avec les fôtes d’orthographe que tu m’avais dit de corriger, mea culpa