L’idée n’est pas neuve, elle était évoquée par le Monde déjà en mai 2007 :
"Faire plus de règlements n’est pas forcément la bonne solution, dit-elle. La responsabilisation des pilotes est un facteur primordial, de même que la prévention."
Il s’agissait d’un article au sujet des pilotes privés d’avions, mais l’argument, dans une période qui cherche plus à entasser les lois les unes sur les autres qu’à les améliorer, l’argument mérite d’être entendu, au delà de son champ d’origine.
Pour justifier l’emballement de la machine législative de ces dernières années, nos chers hommes politiques prennent plus que volontiers exemple sur les pays saxons, sous le prétexte de faire du bench-marking.
Pourtant, à regarder attentivement ce qui marche effectivement ailleurs, il aurait fallu noter, en novembre 2006, l’expérience plutôt originale de la ville hollandaise de Drachten.
Son originalité ? Supprimer toute réglementation urbaine, panneaux, feux de circulation, et même trottoirs.
Les psychologues ont depuis longtemps souligné les effets pervers d’une abondance de signalisation routière : environ 70% des panneaux de signalisation sont ignorés des conducteurs. De plus, la somme des interdictions infantilise l’usager et l’induit à fomenter une rébellion. Chaque feu de croisement lui susurre la promesse de pouvoir passer le carrefour à l’orange. L’usager, corseté de prescriptions, développe une vision en "tunnel" : il cherche constamment son propre avantage et jette ses bonnes manières aux orties. Et lorsque la situation est sous contrôle, il écrase le champignon.
Les tenants du nouveau mode de trafic croient que la seule façon de sortir de ce cercle vicieux et de donner aux usagers plus de liberté, et les encourager à prendre leurs responsabilités. Ils demandent des rues du Moyen-âge, où chevaux, charrettes, voitures à bras et piétons allaient leur chemin dans le chaos absolu. Quand la situation est complexe, les usagers sont obligés de faire plus attention et d’aller plus lentement.
(source : Spiegel)
A l’époque déjà, la FFMC en avait discuté avec ses interlocuteurs au gouvernement et à la sécurité routière. Les médias n’en avaient pas encore parlé en France, ils s’étaient donc contentés de lever les yeux au ciel, ces motards, quels utopistes.
Aujourd’hui, France2 diffusait ce reportage :
L’intérêt de ce genre de démarche, que n’ont pas encore compris les pouvoirs publics français, est que la route en général est un microcosme de l’ensemble de la société ; que la hargne, l’autisme, l’individualisme forcené montré par les automobilistes, motards, piétons sur la route n’est que le reflet de nos difficultés à vivre ensemble ; et qu’arriver à ré-apprendre ce “vivre ensemble” comme l’a réussi Drachten est un pas important vers une pacification globale de la société.
Ca surprend non ? Et vous, vous vous voyez dans ce genre de situation ?
EDIT 17/6/8 : voir également cette video d’un carrefour sans feux rouge à Hanoi. C’est un peu le bordel, mais ça fonctionne (et c’est joli à voir
)
via geekzone via suchablog
C’était le 1er avril, mais pourtant pas un poisson : Cécile Petit, déléguée interministérielle à la sécurité routière, évoquait deux idées pour améliorer la sécurité routière :
port obligatoire d’un gilet fluo
inscription de la plaque d’immatriculation sur le gilet (voir une photo)
en prenant exemple sur la Colombie (!!!) pour justifier ces mesures.
Aujourd’hui, c’est par l’excellent Moto Magazine que l’on apprend qu’elle envisage sérieusement d’imposer le gilet fluo, pour lutter contre la hausse de 10% des accidents en deux-roues. Ahem :
Les causes des accidents, selon elle :
la vitesse (évidemment, c’est le coupable facilement désigné)
l’alcool
la prise de risques inconsidérée
C’est une évidence : les gilets fluo répondent à ces trois grandes causes, incontestablement. N’en ayons pas le moindre doute !
Les accidents seraient particuliers, selon elle, dans trois régions :
l’Ile de France (25% du nombre totale des deux-roues)
PACA, où le casque serait moins porté
Corse, où les motards rouleraient comme des fous, et les infrastructures dangereuses.
C’est une évidence : les gilets fluo répondent à ces trois grandes particularités, incontestablement. N’en ayons pas le moindre doute !
Non seulement le gilet fluo ne répond ni aux principales causes identifiées (par la DSCR), ni aux particularités locales, mais c’est également un "coup médiatique" sur la question de la visibilité des deux-roues, qui renvoie à la même question que lors du débat sur les feux de jour : plutôt que régler le problème de vision des conducteurs (histoire de gros €€), on rajoute des artifices colorés.
Il y a un peu plus d’un an, j’avais rencontré Cécile Petit, elle m’avait dit qu’il faudrait porter les efforts sur les équipements, sous-utilisés en France.
Elle oubliait à cette occasion la demande répétée de la FFMC de faire passer la TVA sur les équipements de sécurité à 5,5% (moto ou voiture) pour justement favoriser leur utilisation.
Il s’agissait bien évidemment de porter les efforts sur les équipements de protection, blouson, coques (quasi inexistantes en France), chaussures montantes, gants (!!!).
Encore une fois, la Sécurité Routière fait de la comm’, est-ça son job maintenant ? :
en faisant porter une mesure choc par les particuliers, ce qui évite à l’Etat de se positionner sur ses propres faiblesses : la formation, les infrastructures, la fiscalité, …
en annonçant une mesure "choc", qui assure de la communication, au détriment d’un travail de fond avec les fabricants pour intégrer directement les éléments de sécurité dans les vêtements (trop de blousons qui n’intègrent pas encore de bandes réfléchissantes, ou les fabricants de casques qui les fournissent à part)
encore une fois, on vise la communication, au détriment des mesures de fond à long terme
Au moment des feux de jour, Nikolaz avait publié ce dessin dans MotoMagazine, la connerie politique nous y ramène direct.

De toutes les façons … avez-vous bien écouté l’interview ci-dessus ?
Si oui, vous aurez noté que l’objectif ultime n’est pas de réduire l’accidentologie, ou même les conséquences physiques de l’accident, mais bel et bien "une meilleure lisibilité de la plaque elle-même" … pour les radars, bien sûr.
Rien pour l’accidentologie, tout pour le portefeuille.
Encore une rupture, une de plus.
Il existe une multitude de club moto en France. Il y a même, dans beaucoup de régions, des CMPN, Clubs Motos de la Police Nationale, regroupés en fédération. Ils bossent ensemble, ils peuvent bien faire des balades aussi ensemble, après tout.
Or, on raconte qu’il y a peu, un groupe de motard du Bas Rhin avait été verbalisé pour ne pas avoir signalé leur balade en préfecture, conformément à la loi.
L’ironie du sort est que ce club moto n’était pas anonyme, puisqu’il s’agirait en fait du CMPN Alca (Alsace . Lorraine . Champagne-Ardenne) … des policiers verbalisés par des gendarmes sur une loi absurde, voilà qui ne manque pas de sel ![]()
Peut être une bonne nouvelle pour nous, puisqu’il semblerait que, du coup, tous les motos-clubs départementaux de la police nationale sortent de leur torpeur et commence à s’inquiéter …
La justice fait la chasse aux mini-motos, on ne savait pas pourquoi jusqu’ici. Maintenant si, quand on voit les dégâts que ça peut provoquer sur la productivité - et l’intelligence - de certains
Cela fait près de cinq ans ½ que je participe, d’une manière ou d’une autre, au bureau national. D’abord en "auditeur libre", à partir de septembre 2002. Puis comme élu, de 2004 à 2007, puis de nouveau comme auditeur libre, jusqu’au début de ce mois.
En juin dernier, lors de la dernière assemblée générale, j’ai dit que je ne souhaitais pas renouveler mon mandat à la fédération, pour prendre du recul. Je l’ai fait.
Il y a quelques semaines, j’ai pris une décision : j’ai su que je ne solliciterais pas un nouveau mandat.
Ce n’est pas une baisse de motivation, un mililtantisme qui se délite, bien au contraire. J’ai plus que jamais conscience que nous ne pourrons changer ce monde, influencer ses évolutions néfastes que par un engagement actif. J’ai compris que je ne pouvais pas rester les bras croisés, en simple spectateur.
La raison pour laquelle j’ai particulièrement adhéré à ce mouvement est que ses valeurs, loin de se cantonner à des objectifs corporatistes, sont d’une très forte dimension sociale, voire sociétale. Tout ce que nous préconisons, en termes de liberté et responsabilité individuelle, d’éducation, de démocratie, …, tout cela s’applique à cette société que nous appelons de nos vœux.
Ces valeurs, et leur dimension universelle, sont le socle de mon engagement dans ce mouvement.
Ce dont j’ai pris conscience, c’est que cette même conception sociétale nous était refusée. Parce qu’elle ne rentre pas dans les schémas intellectuels de notre société ; parce que certains ne comprennent pas qu’une corporation puisse porter un tel projet, et aussi, je le reconnais, parce que certains d’entre nous ne voient pas, ou refusent cette dimension que nous lui donnons.
Nous nous adossons à un projet de société pour promouvoir un projet de sécurité routière, lequel nous enferme paradoxalement dans cette action corporatiste, aux yeux des autres et de certains d’entre nous.
Ce que j’ai appris durant cette année, c’est que pour intéressant, motivant, urgent que soit notre combat, j’ai besoin d’aller au delà et m’investir dans un cadre d’action plus large. Je n’ai pas tant besoin d’être en première ligne qu’avoir la possibilité d’intervenir, mettre mon grain de sel dans un débat qui touche notre société de manière moins restrictive.
Pour la suite, j’ai bien une petite idée (mais toute petite, hein
) … mais comme tout ça n’est pas encore bien clair, je la garde pour moi pour l’instant.
(la suite)
J’avais vu la video il y a longtemps déjà, sans l’enregistrer. Je viens de retomber dessus, et je ne résiste pas, après ce WE ch’nordique où on a notamment échangé sur les techniques d’accroches des anti-vols moto … toujours à un point fixe ![]()
Pour ceux qui cherchent toujours, la Commission Stop Vol de la FFMC et ses antivols recommandés …
Voilà, tout serait dit : “ A l’issue du Comité interministériel sur la sécurité routière qui s’est tenu cet après-midi, le premier ministre a écarté la possibilité d’instaurer un contrôle technique pour les deux-roues motorisés : la proposition de Thierry Mariani fait pschiiit !” (source)
Même si le reste de l’article est plus nuancé, cette introduction donne le ton : pschiiit. Dégonflé. Comme une baudruche. Au revoir et à jamais.
Impression que l’on retrouve ici ou là, dans les forums ou commentaires. Pourtant, rien n’est moins sûr que cette affirmation.
D’abord, parallèlement à l’explosion du nombre de deux-roues (toutes cylindrées confondues), la tendance de fond est au contrôle. Un contrôle non pas pour améliorer - c’est, après tout, le rôle de tout concessionnaire qui se respecte - mais pour donner l’illusion de l’action.
Pendant qu’on contrôle les vitesses, on ne s’assure pas de la bonne formation à l’évaluation des distances de sécurité. Mais on contrôle.
Pendant qu’on contrôle les pneus, on ne s’assure pas de la formation à la conduite. Mais on contrôle.
Ensuite, si l’opportunité politique n’était pas là, à moins d’un mois des municipales, en pleine grogne sociale et fronde politique, rien ne dit qu’elle ne sera pas présente dans quelques mois, quelques années.
Enfin, il faut bien le reconnaître : le dossier du contrôle technique deux-roues était bien mal ficelé :
un argumentaire bâclé
l’incohérence d’annoncer en pleine débâcle de mécontentement un projet qui ne pourrait de toute façon pas prendre corps avant 2009 (immatriculation obligatoire de tous les cyclos)
des objectifs peu clairs, entre le "contrôle visuel des organes de sécurité" ou un contrôle en profondeur du fonctionnement des deux-roues
des instigateurs perdus entre l’attirance d’un business juteux et les implications - financières, notamment - qu’une obligation aurait impliquée.
sans parler du ridicule de la proposition de loi de Thierry Mariani, qui ne tient pas plus la route que la pire des voitures chinoises.
Pour autant, ne boudons pas cette victoire.
Deux ans après les feux de jour, la FFMC a eu l’intelligence de ne pas céder au marché de dupe qui était proposé (l’abandon des 100cv contre l’instauration du contrôle technique), et elle a bien mené sa barque, entre rencontres avec Mariani, discussions avec la DSCR, et menaces de blocage.
Le prochain rendez-vous sera probablement en 2009, lorsque les cyclos seront immatriculés. Selon que les sondages seront bons pour Sarkozy. Ou pas.
Que la direction de la sécurité routière aura un projet bien ficelé, intelligent. Ou pas.
Qu’elle aura des pistes de réflexion et de négociation intelligentes. Ou pas.
En attendant, un an de gagné contre la connerie.
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motardsencolere.com est rentré dans …
Le député, qui a admis que l’idée lui a été soufflée par une entreprise « de contrôle technique automobile », n’a pas annoncé le retrait de sa proposition de loi sur le contrôle technique moto
MotoMag : contrôle technique moto : le député Mariani persiste aussi
Merci Autosur, et donc la MACIF, ça c’est bien du boulot de Mutuelle.
Mais que reste-t-il à Axa ?