J’avais réussi à éviter de tomber dans le piège pendant les trois dernières années, mais là j’y suis allé tout droit.
Un pavé à lire, des annotations toutes bêtes à faire, rien de bien passionnant en même temps … ça va tout droit dans mon bloc-note habituel, ici donc, et …
stooooooooooooooooooooppp !!!!
Ah oui mais là non. Enfin … je crois. Ou plutôt, je suis presque sûr d’être sûr que non. Un léger (mais tout léger) conflit, tout anonymisé que cela soit … je crois.
Je publierai peut être ça un jour, ou peut être pas, d’ailleurs, je ne sais pas. C’est caché, pas très loin, ceux qui le pensent peuvent toujours demander la combinaison secrète, ça se fera au coup par coup.
Mais, chié ! C’est dans ces moments là, dans ces situations là que justement ça gagnerait à être publié.
Chiéchiéchiéchiéchié !
On en remet une couche, cette fois-ci pas Sarkozy (rendons lui cette justice là), mais le Parlement Européen :
O. considérant que les blogs constituent un moyen de plus en plus ordinaire de s’exprimer, tant pour les professionnels des médias que pour les particuliers, que le statut de leurs auteurs et éditeurs, notamment leur statut juridique, n’est ni déterminé ni clairement indiqué aux lecteurs des blogs, ce qui entraîne des incertitudes quant à l’impartialité, la fiabilité, la protection des sources, l’applicabilité des codes d’éthique et l’attribution des responsabilités en cas de poursuites en justice ;
[…] 9. suggère–que ce soit par le biais d’une législation ou autrement –de clarifier le statut des blogs et encourage leur labellisation en fonction des responsabilités professionnelles et financières et des intérêts de leurs auteurs et éditeurs ;
Qui sera concerné par ces mesures ? « Tous les blogueurs qui représentent ou expriment plus que leur opinion personnelle dans leur blog », explique Jorgo Chatzimarkakis.
Lu chez Embruns : légiférer les blogues
Authueil a beau démonter les fantasmes qui se cachent derrière tout ça, il n’empêche …
Tremblez braves gens, à trop vouloir notre bien malgré nous, surveillance et contrôle n’en sont encore qu’au commencement.
Les tarifs varient donc entre 250 € ou un dîner au ministère. Peu cher, à vrai dire, puisque cela peut aller jusqu’à 1.000€.
Pourquoi un tel bordel au sujet d’une malheureuse pipe ?
D’abord, parce que ce n’est pas cher payé. Ou alors, à ce tarif là, la pipe est de mauvaise qualité. Et avouons le, une pipe, avec des dents qui rayent le parquet, c’est plus que désagréable.
Mais au delà de l’argent, c’est la démarche même qui gêne aux entournures.
L’éthique des blogs en question, ou à propos du publi-reportage (l’excellentissime cuk.ch)
Attention à la pub clandestine (macandphoto.com)
Il y a encore quelques années, on avait une confiance a priori dans les journaux. Ils avaient leurs parti-pris, leurs travers, mais au moins, personne ne remettait en doute leur honnêteté.
Puis les collusions, à des degrés divers, avec les politiques et les entreprises ; les petits cadeaux tels que voyages, cadeaux, … ont fini par émietter cette confiance, qui n’est plus a priori. Aujourd’hui, le journaliste doit presque faire la preuve de son honnêteté, que le lecteur remettra sans cesse en doute.
Et c’est dans cette même démarche que s’inscrit cette histoire de "billets sponsorisés".
Les blogs étaient jusqu’ici nimbés de tous les défauts du monde, mais ils possédaient tous, bons ou mauvais, une qualité essentielle : globalement, on reconnaissait à leurs auteurs une certaine honnêteté intellectuelle, ils étaient insensibles aux pressions, aux flatteries comme aux menaces. Par défaut, chacun à leur échelle, ils étaient crédibles.
Le débat est pour l’instant circonscrit à la blogosphère, et les médias traditionnels ne s’en sont pas encore emparé. Ca ne saurait tarder, eux qui trouveront ainsi une belle revanche, à bon prix, contre ceux qu’ils accusaient de tuer leur profession.
Et le plus drôle là dedans est que les blogueurs qui participent du système croient maîtriser l’opération, alors qu’ils ne sont que des pions sur l’échiquier, largement manipulés : ils croient faire une publicité - signalées ou pas, positive ou négative, à un prix qu’ils jugent acceptable - là où ils participent d’une plus vaste campagne marketing où l’entreprise est systématiquement gagnante.
En bref, c’est largement plus subtil qu’une histoire de gros souxes ou que d’être intellectuellement honnête dans sa démarche : ils se font tous niquer en définitive ; après tout, ce n’est que justice, c’est la suite logique après une pipe
:
Rémunération des billets : qui gagne en définitive…? (urbanbike.com)
Après la politique-sondage :
Longtemps annoncé, jamais justifié, le serpent de mer du contrôle technique moto pointe à nouveau sa tête hideuse.
En effet, la mesure a été annoncée comme probable par Cécile Petit à l’occasion des journées parlementaires de la Sécurité Routière du 29 novembre. Elle pourrait être proposée par le prochain Comité Interministériel de la sécurité routière (CISR) qui se réunira d’ici la mi-décembre.
Aux questions du journaliste de Moto-Magazine qui demandait comment était justifiée cette mesure, il a été répondu que "67% des Français étaient pour"
(source)
Voici maintenant la politique-blog :
Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a pris connaissance avec beaucoup d’intérêt de votre blog qui traite avec pertinence de la thématique des nouvelles technologies.
Elle aurait souhaité vous inviter à un dîner, le 4 décembre prochain, au ministère (21, rue Descartes – 75005 Paris).
Cette rencontre aurait vocation à permettre un échange direct autour, d’une part, des thèmes qui vous semblent prioritaires et, d’autre part, des actions qu’entend mener la ministre dans le domaine des nouvelles technologies.
Depuis (trop) longtemps, nos hommes politiques ne s’occupent plus de la légitimité des réformes - ou prétendues telles - qu’ils veulent mettre en place, mais de leur popularité.
La gouvernance par sondage est ancienne, celle par l’embrigadement de blogueurs, certainement pour essayer de contrôler par avance tout dérapage qui pourrait s’y produire.
Dans les deux cas, la question reste la même : qui croient-ils représenter, autres qu’eux-mêmes ; et qui se croient-ils pour aller, en solo, porter leurs propres doléances, aux dépens de celles de la société entière ? Quelle confusion de valeurs !
Quelle légitimité, autre que médiatique, ont-ils, tous ceux là, les sondés, les blogueurs, pour participer, certains à leur corps défendant, de la construction de politiques, souvent stupides de surcroît.
Aucune. Et le drame, c’est qu’ils s’en vantent (et lui aussi) . Leur ego est flatté, ça leur suffit. D’autres putes de luxe, quoi. Pour certains, les mêmes d’ailleurs. Etonnant, non ?
Heureusement, quelqu’uns voient plus loin que leur nez - ou leur intérêt personnel. Ca se savoure, c’est trop rare pour le laisser passer.
Vous n’avez pas pu passer à côté des pubs ebay dernièrement, sauf si bien sûr vous ne regardez pas la télé. Quoi que, même les journaux en ont parlé. Donc vous n’avez pas pu passer à côté.
Il apparaît qu’en plus, une agence - de médiocres, disent certains - a demandé à certains blogueurs de faire un billet sur le sujet.
Euh, j’ai dit "demandé" ? Ah non, j’aurais dû dire "payé". 250€ la pipe.
Evidemment, ceux qui ont accepté ne voient pas de problème. Ni éthique, déontologique, ou gros mots de ce genre là. Ca ne les gêne visiblement pas de profiter de la confiance que font leurs lecteurs réguliers en les lisant, pensant ingénument qu’ils sont honnêtes, désintéressés et neutres quand ils écrivent. Ils ne prennent pas la peine de prévenir de ce publi-reportage, à une exception près.
Il y a quelques années, j’avais le même genre de discussion avec un journaliste de la presse informatique. Plutôt incompétent dans son domaine, il faisait souvent relire - quand ce n’était pas écrire - partie ou totalité de ses articles par des professionnels du métier.
Régulièrement, plusieurs fois par an, il était envoyé par son mensuel à de mega-conférences de presse, organisées par des constructeurs informatiques, dans des endroits chics, très chics : hôtels 5*, vols en business, … ; ou alors recevait des cadeaux de valeur - plusieurs centaines de francs - ; mais niait toujours avoir perdu son indépendance, son intégrité. Je ne l’ai jamais lu faire un article désobligeant pour l’un de ces généreux donateurs, jamais remis en question dans ce canard.
J’aime le voir maintenant donner des leçons de moralité.
Voilà donc nos blogueurs rentrés dans le même système. C’était prévisible. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, pensant à la passe qu’ils vont faire, au lieu de réfléchir à ce qu’ils cassent.
Je n’en suivais qu’un parmi ceux-là. Il disparaît de mes flux RSS immédiatement. Tant qu’à fréquenter des putes, au moins, qu’elles sucent bien.
C’est ce que je me dis quand je vois l’absence de réaction au billet précédent … m’avoir laissé écrire des conneries comme ça, sans rien dire, sans insultes ni rien … c’est pas digne de vous, je dis. Mais en même temps, le billet n’était pas digne de moi, je crois … un partout, balle au centre ?
Bon sinon, le script "hit parade" a été un peu modifié : au lieu d’afficher les articles les plus populaires depuis le début, le délai a été ramené à un mois, histoire de rendre ce pavé un peu plus vivant … vous me direz à la longue, j’imagine bien ?
Pis enfin, vous aurez peut être (j’espère, hein !) noté que j’ai pas mal bossé sur les galeries, pour les rendre enfin présentables. J’espère que ça le fait ?
“Sortez un peu des livres, essayez de connaître un peu le monde moderne, quand même !”
Un Jean d’Ormesson détendu, décidemment sympathique, plein d’humour et d’auto-dérision … version Thomas Clément.